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Ses origines


D’après Lucien Guillemaut, le nom « Fretterans », comme l’indique sa terminaison « ans », peut être d’origine celtique.

Mais il est possible aussi qu’il soit d’origine germanique : le suffixe « ing » a servi aux envahisseurs germaniques à former un grand nombre de noms de lieux dont la terminaison actuelle est « ans » ; ce suffixe indiquait la possession ; le mot « frette » signifiait primitivement « terre inculte ». Le nom de notre village serait alors dû aux Burgondes, venus de Germanie au Ve siècle.

Ce nom apparaît pour la 1ère fois en 1111 dans une charte, le cartulaire de Baume, sous la forme « Freterens ». Un cartulaire est un recueil de titres relatifs aux droits temporels d’un monastère, d’une église. Freterans faisait donc partie des possessions de l’abbaye de Baume-les-Messieurs, abbaye qui s’était élevée dès les premiers temps du christianisme (seconde moitié du IIe siècle dans notre région). Bellevesvre, Mouthier, Torpes, Frangy, Ratte appartenaient à la même abbaye.


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Ses seigneurs


Sur le pourtour du village, du côté du Doubs, se trouve « la Motte » de Fretterans. Une ancienne maison à colombage, construite en 1663, en occupe le sommet. Ce tertre prouve que le site était, entre le XIVe et le XVIe siècles, l’emplacement d’une demeure seigneuriale fortifiée, utilisée comme moyen de défense contre les assaillants francs-comtois. Une autre ferme, datant de la même époque mais rénovée, subsiste dans la rue de l’église, et elle est habitée.

Au XIIIe siècle, la plus grande partie des terres de notre région appartenait à une puissante famille de Bourgogne, la famille de Vienne. Leurs possessions s’étendaient depuis Seurre jusqu’à la Comté et la Bresse savoyarde. Cette illustre Maison de Vienne avait de nombreuses ramifications en Bourgogne et en Comté. Elle avait peu à peu substitué sa puissance à celle des premiers possesseurs, abbés de monastères. A la fin du XIVe siècle, Mathey de Rye, seigneur de Neublans, époux de Béatrix de Vienne, est seigneur d’une partie de Fretterans. Mais Mathey de Rye est vassal, c’est-à-dire qu’il dépend de Jacques de Vienne, Chevalier, frère de Béatrix et seigneur de Ruffey.

Guy de Rye, 3e fils de Mathey et Béatrix, épouse Marie de Rupt. « Il eut pour son partage et par le testament de son père, Neublans et Fraterans, avec leurs dépendances ; ce qui lui fut confirmé par le testament de sa mère, qui veut qu’il reprenne de fief l’une et l’autre terre de Jacques de Vienne. » (Dom Plancher : Histoire générale et particulière de Bourgogne, Dijon 1741). Guy de Rye de Neublans devient donc seigneur d’une partie de Fretterans, sous la suzeraineté de Jacques de Vienne. On voit, par une charte de 1433, que Guy de Rye « pour les dons et services à lui rendus par les habitants de Fretterans, leur accorde licence et faculté de chasser à toutes bêtes et oiseaux fauves, en tout le territoire, tant en rivière qu’autre part, même dans les bois de Neublans, à tous filets et engins, en payant au seigneur la quatrième partie de la venaison. » (Guillemaut) En 1435, Guy de Rye a une instance (un procès) au Parlement de Bourgogne contre Henriette de Grançon, veuve de Jean de Vienne, seigneur en partie de Neublans et Fretterans. A cette époque, notre village a donc au moins deux seigneurs.

Ensuite, Guy de Rye vend à son frère aîné « Jean de Rye, seigneur de Balançon et de Corcondray, Conseiller et Chambellan du Duc de Bourgogne, la moitié du château de Neublans qui lui appartenoit, avec la terre de même nom, et celle de Fretterans, avec leurs dépendances, pour la somme de dix-huit cent quatre-vingt-un francs. » (Dom Plancher). Voilà donc Fretterans nanti d’un nouveau seigneur.



La Maison de la Motte, propriété de Mr Georges Trullard

Guy de Rye et Marie de Rupt avaient une fille, Mathie de Rye, qui épouse, le 4 avril 1434, Pierre de Goux, licencié en lois, seigneur de Varennes sur Seille et de La Vicheresse (St Usuge), ainsi que du village de Goux, près de Dole. Pierre de Goux (fils de Jean de Goux et Guye de Rye) est mentionné à son tour seigneur de Fretterans et Neublans en 1451. Il est armé chevalier par Philippe le Bon, en 1453, après la bataille de Gand. Il succède, en 1465, à l’illustre Chancelier Rolin comme Grand Chancelier auprès de Philippe le Bon, Duc de Bourgogne, et il conserve sa fonction avec Charles le Téméraire. En 1467, il achète une autre seigneurie : la moitié de Louhans. Il termine sa vie en Belgique où il possède de nombreux domaines, châteaux et villages, aux alentours de Bruxelles. Il meurt à Gand en avril 1471. (Le nom de Goux figurait en 1991 dans l’ascendance généalogique du roi Baudoin de Belgique.)

L’un des fils de Pierre de Goux et Mathie de Rye, Jean de Goux, hérite des propriétés bourguignonnes et comtoises de son père, tandis que son frère Guillaume reçoit les propriétés flamandes. Jean de Goux « relève le nom et les armes » d’un parent du côté maternel (famille de Rupt), et se nommera désormais Jean de Rupt (d’après Guillaume : « Histoire de Salins »). Il est armé chevalier par le duc Charles en 1468. Il épouse Louise de Ray en 1466 , puis Catherine de Vienne. En 1476, il se qualifie seigneur de Rupt, d’Autricourt et de Vauvry ; il est seigneur de la moitié de Louhans et possède de nombreuses seigneuries au bailliage de Chalon (entre autres Fretterans, Charette,Terrans, Navilly), des terres à Simard, la seigneurie de la Vicheresse à St Usuge…et aussi celle de Goux, en Comté. Il porte les titres de Conseiller et Chambellan du Duc de Bourgogne. A la mort de Charles le Téméraire, il suit le parti de sa fille, Marie de Bourgogne, contre le roi Louis XI, et se retire en Franche-Comté. Louis XI, en 1477, confisque ses biens qui lui seront rendus en 1486.

En 1503, Jean de Rupt est encore seigneur de Fretterans. Cependant, Courtépée fait mention de N. Longvy de Givry comme seigneur de Fretterans en 1490. Il faut donc supposer que notre village avait alors deux co-seigneurs.

En 1510, Jean de Longvy est seigneur de notre village. Ensuite, Françoise de Longvy, femme du Comte de Busançois, est Dame de Fretterans. En 1540, elle vend cette seigneurie à Messire Ray Fernandez Dalmata, ambassadeur d’Espagne auprès du roi de France.

En 1534, Philippe de Chabot, Amiral de France, avait acheté la seigneurie d’Authumes à Pierre Bouton. Son fils Léonor de Chabot, baron d’Authumes, Comte de Charny, est aussi seigneur de Fretterans puisqu’il reconnaît notre village comme étant de « franc-alleu » . Ce terme signifie que les habitants ne doivent à leur seigneur ni cens, ni corvées. La fille de Léonor, Marguerite de Chabot, Duchesse d’Elbeuf, Dame de Fretterans en 1608, confirme cette reconnaissance de franc-alleu. (Notons qu’un autre privilège sera accordé aux habitants de Fretterans en 1676, par sentence du parlement de Chalon : ils seront exemptés de la dîme de navette, c’est-à-dire qu’ils ne seront plus imposés sur les récoltes de graines de navette, plante oléagineuse voisine du colza.) A propos de Léonor de Chabot, précisons qu’il fut, comme son père, gouverneur et lieutenant - général du royaume en Bourgogne, et qu’il refusa de faire exécuter , en 1572, les ordres du roi Charles IX concernant le massacre de la St Barthélemy.

En 1612, les bornes du Duché de Bourgogne furent plantées sur le territoire de la paroisse de Fretterans. Selon Courtépée , il y en avait une dans la cour des maisons de la Crote (limite de Neublans), une près des Saulces de la Reynette, et une autre dans les Frâches (de l’autre côté du Doubs.)

Plus tard, Pierre Belin, Conseiller au Parlement de Dijon, possédait la seigneurie de Fretterans qu’il revendit en 1685 à Louis de Lorraine, Comte d’Armagnac. L’année suivante, 1686, cette seigneurie fut acquise par Claude de Thiard, baron d’Authumes et de Pierre, seigneur de La chapelle St Sauveur et Dampierre, Marquis de Bissy, Gouverneur de Lorraine. La seigneurie de Fretterans restera désormais à la famille de Thiard.

Claude de Thiard eut une carrière militaire mouvementée et glorieuse. En 1680, après la conquête définitive de la Franche-Comté, il fit reconstruire le château de Pierre, transformant l’antique chastel en une splendide habitation. En 1647, il avait épousé Eléonore Angélique de Neuchèze qui lui donna de nombreux enfants. L’aîné, Jacques de Thiard hérita des biens de son père en 1701. Il fut aussi lieutenant général des armées du roi. Il orna le château d’un parc magnifique et de vastes jardins. Son fils Anne Claude de Thiard lui succéda en 1744. Ce fut ensuite un cousin, Claude de Thiard, qui hérita des titres et du château ; il mourut à Pierre en 1810. Son fils Théodose Auxonne de Thiard fut général et député sous la Restauration.


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Ses habitants


Fretterans faisait autrefois partie du diocèse de Besançon, du doyenné de Neublans, de la recette d’Auxonne et du bailliage de Chalon.

L’importance de la population de nos villages aux XIVe et XVe siècles peut être évaluée grâce à des documents appelés « cerches de feux » (recherches de feux). Les « feux » étaient les foyers, les familles. Ces documents servaient à établir la répartition des impôts. Il y eut notamment la « Cerche de feux des Terres d’Outre-Saône, en 1490, de l’autorité de Monseigneur de Baudricourt, lieutenant du roi en Bourgogne ». Fretterans comptait alors 76 feux. Mais on ne connaît pas le nombre des personnes composant les foyers. D’autre part, seuls les foyers pouvant payer l’impôt étaient recensés. En 1720, le nombre de feux, pour Fretterans, était de 90. On recense 536 habitants dans notre village en 1786, et 476 habitants en 1896.

Dans le plus ancien registre paroissial (1595 – 1626), sont mentionnées des familles dont les descendants vivent encore à Fretterans ou dans des communes voisines, ou vivaient encore ici au XXe siècle : Barisset, Barignot, Billot, Boissard, Bon, Bonguelet, Donzel, Fauldot, Gallemard, Grapin, Guénot (ou Guinot, Guiénot, Guyénot), Guillot, Humbert, Millot, Ozanon, Peraut,Petit, Trouillard (ou Truillard, Trulliard, Trullard). A cette époque, les actes de baptêmes, mariages, décès, étaient signés par le curé Bonguelet. On y découvre que Claude et Jacques Bonguelet étaient chirurgiens-barbiers, qu’Anathoire Caurbot était recteur d’école et que Maître François Maissot exerçait la profession de notaire.

Comme dans tous les villages, la plupart des hommes étaient manouvriers, c’est-à-dire qu’ils n’avaient que leurs mains pour travailler. Ils ne possédaient rien. Mais on comptait aussi, à Fretterans, un bon nombre de laboureurs : ces gens possédaient au moins un animal de trait et une charrue. Ils avaient le droit de cultiver pour leur propre compte les terres du seigneur, moyennant le paiement d’une redevance annuelle, le cens. C’est ainsi que, dans le « terrier » de Pierre de Bresse, rédigé en 1469 à la demande de l’Abbé de St Pierre de Chalon, on trouve une douzaine de laboureurs de Fretterans qui viennent faire la « recognoissance » de leurs terres et du montant des cens qu’ils auront à payer. Un « terrier » était le recensement de tous les biens que possédait un seigneur dans une paroisse ; le seigneur faisait établir la liste de ses propriétés par un notaire, en vue d’augmenter les cens. Parmi les noms des laboureurs cités en 1469, on remarque deux noms connus : Trullard et Guillot.

Tant qu’il payait le cens, le laboureur était propriétaire de sa terre : il pouvait la céder à quelqu’un d’autre ou la transmettre à ses descendants. De cette façon, les terres acensées se sont morcelées, au cours des siècles, en parcelles minuscules. La surface des portions cultivées ne représentait souvent qu’une petite fraction d’un journal (34 ares), et parfois elle n’était que de quelques mètres carrés. Il en était de même pour les terres en herbe, évaluées en fractions de soiture (même valeur que le journal), si petites que les paysans ne pouvaient pas récolter leur foin individuellement : on fauchait en groupe toute la surface couverte de foin et, lorsqu’il était sec, on se partageait la récolte. Ainsi, dans les actes notariés, on trouve l’expression : « partageable à la fourche et au râteau ».

Les paysans cultivaient des céréales, comme le froment et le « turquis », la navette dont on obtenait de l’huile, la vigne, le chanvre dont la tige fournissait une excellente fibre textile et dont on utilisait aussi la graine appelée chènevis.

Au cours des 20 années qui précèdent la Révolution, les registres paroissiaux citent une cinquantaine de laboureurs. Parmi eux, on trouve des noms connus : Donzel , Fortin, Garnier, Perron, Trullard, Billot, Bonglet, Darras, Guyénot. François Cordelier est alors fermier des terres et seigneurie de Fretterans, et il habite la maison seigneuriale.

Durant cette période, il y avait également un certain nombre d’artisans qui, souvent, travaillaient en famille. On découvre ainsi de nombreux tissiers ou tisserands (familles Bonglet, Bredat, Humbert, Jacot, Royer et surtout Chanite), des tacquiers, fabricants de clous (familles Millot, Dutartre), des cordonniers (famille Barrisset), des tailleurs d’habits (famille Bergerot), des meuniers, des marchands, des bouchers, des pêcheurs, des forgerons, des charrons, un charpentier, un menuisier, des couvreurs à paille, un sabotier.

Le village avait son médecin : Jean Cordelier, et son barbier-chirurgien : Denis Chevigny. Marie Rollot, veuve Chanite, était la sage-femme du village. Des « employés des Fermes du Roy » surveillaient les collecteurs de la gabelle (l’impôt sur le sel), et empêchaient les fraudes et la contrebande. Simon Verdot, praticien, procédait aux inventaires après décès et plaidait auprès des tribunaux : c’était une fonction semblable à celle de l’avoué. Pierre Darras était receveur des revenus de la Communauté de Fretterans, et Pierre Royer était l’échevin, magistrat municipal élu .


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Ses misères


Fretterans n’échappa pas au sort commun à tous les bourgs et villages de la Bresse Bourguignonne, au cours des siècles passés : ses habitants subirent les conséquences des nombreuses guerres qui se déroulèrent dans notre contrée, et souffrirent cruellement pendant les multiples périodes de famines et d’épidémies.

Nos ancêtres qui vivaient au XIe siècle virent se renouveler les plus terribles famines, au cours desquelles on mangea de la chair humaine : celle de 1015 qui dura 5 ans, celle de 1022 qui affecta toute l’Europe, celle de 1030, aggravée par la peste, et pendant laquelle les mœurs devinrent d’une férocité sans exemple. A la fin de ce siècle, les Croisés ramenèrent la lèpre qui sévit plus de 3 siècles, infectant villes et villages.

Au XIVe siècle, les habitants de notre contrée essaient de survivre à travers les horreurs des guerres : guerre sans merci entre le duché de Bourgogne et la Franche-Comté, et guerre de Cent Ans. Les terres ne sont plus cultivées, la famine désole les populations et, en 1348, l’effroyable épidémie de peste noire s’abat sur l’Europe après avoir dépeuplé l’Asie et l’Afrique. La Bresse est particulièrement touchée : un tiers des habitants en meurent. La peste reparaît en 1360 puis s’installe pour plusieurs années dès 1399. A ces malheurs, s’ajoutent les ravages causés par les Grandes Compagnies. Ce sont des troupes de brigands, grossies par les gens d’armes sans emploi, qui dévastent les campagnes. Les paysans se creusent des retraites souterraines au milieu des fourrés, et travaillent à la dérobée pour ne pas mourir de faim. Ces malheureuses créatures, déjà tellement éprouvées, ont dû se croire à la Fin des Temps quand, en 1356, notre contrée fut secouée par un violent tremblement de terre accompagné d’orages. Les ponts de la Saône emportés par les eaux et de nombreux villages renversés par les orages : toutes ces visions ont certainement semé l’épouvante chez nos ancêtres.

Le XVe siècle n’est pas plus souriant : disettes et peste, particulièrement en 1437, et dévastations causées par les brigands. Les compagnies, congédiées par le roi Charles VII lorsque s’achève la Guerre de Cent Ans, ravagent à nouveau les campagnes. Ces Compagnies, connues sous le nom d’Ecorcheurs, terrorisent les paysans. Des guetteurs, postés dans les clochers, surveillent ce qui se passe au loin et, dès qu’ils signalent le danger, les paysans emmènent leurs meubles et leurs bêtes dans leurs refuges et dans les fourrés. En 1439, l’armée du Duc de Bourgogne sème la débandade chez les Ecorcheurs dont les corps vont remplir la Saône et le Doubs. Par ailleurs, une animosité subsiste entre Bourguignons et Comtois ; Armand Marquiset (dans son ouvrage « Dole, Précis statistique de l’arrondissement ») rapporte cette anecdote : « Si l’on en croit la tradition, les habitants de Fretterans, heureux de voir les armées françaises venir, en 1497, sous le commandement de Charles d’Amboise, faire irruption dans le comté de Bourgogne, s’avisèrent à leur tour de se ruer sur le village de Longwy et, après y avoir commis de nombreux dégâts, enlevèrent les cloches de l’église qu’ils emportèrent triomphalement. La haine qui fut la suite de ces excès s’enracina si profondément dans le cœur des habitants de Longwy que, pendant plus d’un siècle, ils ne voulurent permettre aucune alliance entre leurs enfants et ceux de Fretterans. »

Le XVIe siècle apporte, lui aussi, son lot de malheurs. Dès 1501, une terrible épidémie de peste décime la Bresse. La nature ne se montre pas clémente : tantôt c’est une affreuse sécheresse comme celle de 1556, tantôt c’est un gel épouvantable comme celui de 1565, qui entraînent de grandes famines. Mais les hommes eux-mêmes, dans leur folie, provoquent leur propre destruction. A partir de 1562, la guerre civile et les passions religieuses mettent à feu et à sang une Bresse favorable au protestantisme. En 1569, une armée de reîtres allemands vient au secours des huguenots et dévaste la Bourgogne. Plus tard, Henri IV reconquiert les provinces, comme la Bourgogne, qui sont aux mains des Ligueurs catholiques. Notre contrée est si épuisée que les deux partis acceptent, en 1590, la « Trêve du labourage » qui doit permettre de lutter contre la misère. Lorsque le roi Henri IV essaie de conquérir la Franche-Comté, notre Bresse subit à nouveau les terribles conséquences des combats entre les Français et les Espagnols de la Comté.

Les rois Louis XIII et Louis XIV qui entretiennent des guerres continuelles font que le XVIIe siècle n’est pas meilleur que les siècles précédents. Au cours de la guerre de Franche-Comté qui oppose la France à l’Espagne, notre région souffre terriblement ; en 1636, les villages riverains du Doubs sont brûlés, les habitants massacrés par les Comtois qui s’emparent de Verdun. A ces horreurs s’ajoutent celles des épidémies : d’après Courtépée, 800 habitants de Pierre et des villages voisins s’étaient retirés, en 1636, au château de Pierre , pour se mettre à l’abri des courses ennemies ; ils y portèrent la peste et il en mourut 200 en l’espace de 3 mois. En janvier 1637, le baron de Watteville, devenu maître de Chaussin, ravage Fretterans, Lays, Charette, et s’approche de Pierre avec 200 chevaux. Il est refoulé. Il se dirige alors vers Authumes, s’empare du village et du château qui seront ensuite repris par les Français. Notre village sera plusieurs fois détruit et brûlé par les Comtois. Pour financer ces guerres, il faut payer des impôts écrasants. La condition des habitants des campagnes est misérable. La peste sévit à nouveau de 1628 à 1633. Le 2 avril 1652, une éclipse de soleil jette l’effroi ; on pense alors que cette éclipse est à l’origine d’une épidémie de fièvres pestilentielles. Une autre épidémie, celle de la « fièvre pourprée » (sans doute la scarlatine), débute en 1654 et perdure pendant plusieurs années. La famine règne sur toute la France en 1662. L’année suivante, il pleut sans interruption de juin à août, ce qui entraîne de graves inondations. Ruine, dépopulation, mauvaises récoltes, mortalité énorme, voilà le lot de notre pauvre Bresse pendant le Grand Siècle, celui du Roi Soleil. Les registres paroissiaux de Fretterans font état de 19 décès en 1693 et 20 décès en 1694.

Pourquoi le XVIIIe siècle serait-il meilleur ? Il n’y a pas de raisons. Il débute avec la guerre de Successsion d’Espagne et, en 1709, un hiver terrible. Le curé de Simard note dans son registre paroissial: « En cette année 1709, l’hiver commença le 6 janvier par une bise si grande que dans 24 heures la Loire portait chars et charrettes, et auparavant cette grande froidure, la terre était pleine d’eau, c’est ce qui a fait que la gelée a fait un dégât épouvantable ; elle a duré 3 semaines sans aucune relâche ; il y survint quantité de neige qui, étant emportée, n’a pu épargner le blé qui était en terre. [……] La plupart du monde ne vivait pendant l’été que d’herbe, et dans le Charollais de pain fait avec la racine de fougère. [……..] Je ne vous parle pas ici des pauvres qui pleuraient jour et nuit aux portes par centaines. [………] La puanteur était si grande qu’on enterrait d’abord les cadavres et que l’on faisait les prières après l’enterrement. » A Fretterans, pendant les 10 années précédentes, on enregistrait une moyenne annuelle de 7 décès. En 1709 , le nombre des décès s’élève à 33, et en 1710 à 29. En 1719, on note à Fretterans une nouvelle recrudescence des décès: 15 pour cette année-là. Le curé de Simard écrit : « 1719, année très incommode et très fâcheuse ; ce qu’il y a eu de plus fâcheux, c’est l’air qui s’est trouvé infesté et a causé des maladies en plusieurs cantons, surtout des flux de sang et des fièvres pestilentielles. » Nouvelles disettes en 1741 et en 1745, celle-ci étant accompagnée d’une épizootie qui anéantit le bétail. A Fretterans, on dénombre 29 décès en 1746 et 34 en 1747. Selon le récit d’un contemporain, « les hommes mouraient dru comme mouches, de pauvreté et broutant l’herbe. » En 1759, encore une disette qui entraîne 20 décès dans notre village. Puis, partout en France, la famine est à l’état chronique.

L’hiver 1788-1789 est terrible. Succédant à une sécheresse sans exemple, un froid excessif, pire qu’en 1709, s’installe dans notre pays où règne la famine. Le peuple, prêt à la révolte, place tous ses espoirs dans la réunion des Etats Généraux de 1789


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Sa Révolution


La loi du 22 décembre 1789 créa les départements et établit dans chacun d’eux une assemblée administrative composée de 36 membres. Un certain nombre d’habitants de chaque village, nommés « citoyens actifs », se réunissaient en assemblées primaires dans chaque canton. Fretterans comptait 85 citoyens actifs. Les 984 citoyens actifs du canton de Pierre, constituant deux assemblées primaires, élirent 10 notables parmi lesquels on trouvait Jean Cordelier, docteur médecin à Fretterans. Les 93 élus du district de Louhans se réunirent à Mâcon avec les autres élus du département, fin avril 1790, pour élire à leur tour les 36 membres de l’ «Administration du département ». Notre Jean Cordelier fut choisi avec 5 autres personnes du district de Louhans. Il devint donc « administrateur du département » avec 35 autres élus de Saône et Loire.

Ce Jean Cordelier, fils de Jean-Baptiste Cordelier, laboureur à Fretterans, est mentionné plus tard parmi les acquéreurs de biens nationaux : en 1791-1792, il achète des fonds de terres et prés dépendant des cures de Fretterans Authumes, Neublans.

L’Assemblée Nationale décrète, le 12 novembre 1789, « qu’il y aura une municipalité dans chaque ville, bourg, paroisse ou communauté de campagne », et elle organise le nouveau système municipal par un autre décret, le 14 décembre suivant ; 4 ans plus tard (le 31 octobre 1793), la Convention substitue à ces dénominations diverses la dénomination unique de « commune ». Les élus : maire, officiers municipaux et notables constituent le Conseil Général de la commune auquel s’ajoute le procureur chargé de défendre les intérêts de la commune. A Fretterans, le 1er registre des délibérations du Conseil Général ne débute qu’en août 1793. Le maire est alors Pierre Barisset ; il est assisté de deux officiers municipaux : Pierre Berthaut et Pierre Bouleri, et de 6 notables : Denis Ravonaux, Claude Moniet, Denis Bredat, Denis Corbot, Jean Bonglet et Jean-François Berthaut. L’agent national, Pierre Fortin, procureur de la commune , fait également partie de ce Conseil. Le secrétaire, François Duperrieux, est un personnage qui s’est bien adapté à la situation nouvelle : avant la Révolution, il était brigadier des Fermes du Roy à Fretterans (chef de la brigade des gardes à sel, appelés « gabelous »). Le voici maintenant secrétaire greffier de la municipalité et capitaine des grenadiers nationaux du canton de Pierre.

Le 10 Nivose de l’an III (30 décembre 1794) : changement de municipalité. Le nouveau maire est Denis Corbot et les deux officiers municipaux sont François Cordelier et Jean-Baptiste Janin. Le 1er Nivose de l’an IX (22 décembre 1800), Jean Cordelier devient, à son tour, maire de Fretterans, avec Denis Vernaux comme adjoint.

Comme toutes les communes de France, notre village se dote d’un Comité de Surveillance. C’est le 14 Pluviose an II (2 février 1794) que sont élus Denis Vernaux, Pierre Royer, Emiland Perron, Pierre Corbot , Alexis Cornet, Jean Dutaitre, Jean Cordelier, Denis Berthaut, François Billot, François Bonglet, Thomas Buisson et Denis Donzel.

On procède également à la réorganisation de la Garde Nationale : le 6 Fructidor An III (23 août 1795), est organisé un scrutin destiné à choisir les membres de la Garde Nationale de Fretterans. François Garnier est élu capitaine, Jean Cordelier est lieutenant, et Pierre Royer est sous-lieutenant. On élit encore 5 sergents, 8 caporaux (dont Denis Trullard, Louis Fortin et Pierre Chanite), 7 grenadiers (dont Emiland Perron et Pierre Trullard) et 5 chasseurs (dont Jean Bonguelet).

L’église est désaffectée : elle est utilisée comme maison municipale, et les citoyens y sont réunis au son de la cloche. Le Conseil se réunit le 7 Frimaire An II (27 novembre 1793) pour procéder à l’inventaire des ornements de l’église ; ils seront transportés à Louhans, et les métaux (cuivre, bronze, argent) seront refondus « pour le service de la patrie ». En Ventose An II (1794), le « citoyen » Denis Rebouillat ayant « abdiqué de ses fonctions de prêtrise », le Conseil décide que la cure sera « amodiée au plus offrant », à l’exception d’une chambre et d’un cabinet qui deviendront Maison Commune et seront utilisés par le Conseil Général et le Comité de Surveillance.

En exécution du décret de la Convention Nationale et du rapport de Robespierre, Fretterans, comme toutes les autres localités de France, célèbre la fête de l’Etre Suprême le jour de Décadi 20 Prairial (8 juin 1794). Et toutes les décades qui suivront cette fête seront également célébrées, et « tous les citoyens qui s’aviseront de travailler seront dénoncés pour être suspects. »
Le 28 Ventose An III (18 mars 1795), les habitants de Fretterans se réunissent dans l’église, sur convocation du Conseil Municipal, pour discuter de l’opportunité de rétablir le culte catholique. Ils « arrêtent à l’unanimité que le culte sera incessamment rétabli » et ils décident que chaque citoyen participera à la rémunération du prêtre. Le 25 Brumaire An IV (16 novembre 1795), le citoyen Denis Rebouillat prête serment devant le Conseil Municipal : « Je reconnais que l’universalité des citoyens français est le souverain, et je promets soumission et obéissance aux lois de la République. » L’église menaçant ruine, le Conseil délibère, le 20 Germinal An XI (10 avril 1803), sur les moyens de trouver des subsides pour sa réparation. Dans ce but, on demande au sous-préfet de Louhans l'excédent des centimes additionnels, le pouvoir de vendre la coupe d’un « illion » et le revenu de l’amodiation de la pêche.

En ce qui concerne l’instruction publique, le « recteur d’école » de Fretterans, Poncet Gros, se présente devant le Conseil Municipal, le 30 Ventose An II (20 mars 1794), muni d’un certificat de civisme, et s’engage à enseigner la lecture, l’écriture et les règles de l’arithmétique en se conformant aux livres publiés par la représentation nationale ; il promet aussi de se borner à ces seuls enseignements. Le 26 Ventose An III (16 mars 1795), le citoyen Poncet Gros est nommé, par le Jury d’instruction publique, instituteur pour les communes de Fretterans, Lays et Authumes.

Le 20 avril 1792, l’Assemblée Législative avait déclaré la guerre à la Prusse et à l’Autriche et, le 11 juillet 1792, elle avait proclamé « la Patrie en danger ».

Des volontaires partent défendre la Patrie, comme Pierre Trullard, incorporé dans l’armée du Rhin, qui ne reviendra jamais ; d’autres rejoignent l’armée de la Vendée. Dans le Registre de Fretterans, un certain nombre de délibérations montrent que notre village, comme tous les villages de France, participe à l’effort de guerre. Ainsi, le 7 septembre 1793, les citoyens de 18 à 25 ans « demeurent très invités de se rendre tous ensemble comme des frères au chef-lieu de district (Louhans) pour y être exercés au maniement des armes » en attendant le départ pour les armées de la République. Le 10 septembre, le Conseil dresse la liste des recrues : 13 jeunes gens parmi lesquels on trouve François Billot, Claude Donzelle, Jean Fortin, François Bouleri, Jean-Baptiste Buatois. En décembre, la commune doit requérir un autre soldat pour le nouveau contingent : c’est Pierre Buisson, 27 ans, « n’ayant qu’une femme sans enfants » qui est désigné. Le 11 Ventose de l’An II (1er mars 1794), le citoyen Jean Fournier « a amené par son tirage au sort le billet portant ces mots : Cavalier pour la République françoise et pour le soutien de l’égalité et de la liberté ». Le 13 Pluviose de l’An VII (1er février 1799), l’agent municipal Duperrieux donne l’ordre à 3 réquisitionnaires de rejoindre l’armée active, sous peine de voir leurs biens confisqués ainsi que ceux de leurs parents.

Pour nourrir l’armée, on réquisitionne le blé : le 12 Pluviose An II de la République françoise, une, indivisible et populaire (31 janvier 1794), le Conseil décrète que le citoyen François Cordelier fournira une voiture de « bled » que la veuve Jacob et le citoyen Claude Moniet conduiront à Verdun sur le Doubs. En Floréal, la commune de Fretterans est requise d’envoyer à Verdun 630 quintaux de grains et farines. Elle en livre 138q le 20 Floréal, puis 210q le 25 Floréal, après avoir établi la liste des cultivateurs et des quantités qu’ils sont capables de fournir. On réquisitionne aussi « les cendres non lessivées et les vieux tonneaux, barriques et futailles, pour servir à l’établissement des ateliers en salpêtre pour la fabrication des poudres, pour servir à la destruction de nos détestables ennemis. »

En L’An VII de la République (1800), l’agent municipal Duperrieux dresse la liste des habitants de Fretterans, en vue du partage des biens communaux. Cette liste fait état de 120 feux et 440 habitants (y compris les indigents).


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Sa rivière

Pour notre village, le Doubs représentait, en même temps, une source de richesse et une force dévastatrice.


Il était bienfaisant puisque les alluvions déposés au cours de nombreux millénaires avaient rendu sa vallée particulièrement fertile. Bien avant l’apparition de l’homme, les cours d’eau étaient énormes, et le Doubs au tracé sinueux emplissait la vallée jusqu’aux pentes de Neublans, Authumes et Pierre, fertilisant par ses limons les terres qui seront cultivées plus tard. Mr Jean Guyénot, habitant de Fretterans, rapporte une thèse qui lui a été exposée : la présence de certains cailloux noirs dans nos gravières indiquerait que le Doubs eut autrefois un affluent issu des Alpes Suisses, affluent qu’un bouleversement géologique détourna de son cours pour le faire se déverser dans le Rhin.

Un autre bienfait du Doubs était le poisson qu’il offrait aux riverains. Nous avons vu que Guy de Rye de Neublans accorde, en 1433, un droit de pêche aux habitants de Fretterans. Dans les registres paroissiaux, il est fait mention de certains métiers, et l’on découvre ainsi qu’Alexandre Barisset, Claude Galmard et François Maisse étaient « pescheurs » avant la Révolution.

Le Doubs était également utile en tant que voie de navigation. Dans le livre « Le Château de Pierre de Bresse », Annie Bléton-Ruget précise que, lors des travaux de transformation des communs du Château, au milieu du XVIIIe siècle, il fallait une grande quantité de matériaux, et des pierres de taille étaient amenées de Dole par les ports de Longepierre et Fretterans. Le 29 mars 1696 décédait Hugues Canot, marchand à Lyon, qui était venu faire charger des bateaux de bois sur le port de Fretterans. Le 25 juin 1729, Philippe Boutaillay, ouvrier batelier « tenant la corde du bateau en montant, pour ne l’avoir pas lâchée sur terre est tombé dans le Doux et s’est noyé. »

Et puis, le courant du Doubs actionnait le moulin de Fretterans. Mr Guyénot situe ce moulin à la « Mourée de Neublans » (Pré Guillot). Une « mourée » est une butte de terre abrupte façonnée par le courant puissant de la rivière ; cette mourée-là se trouve près de la limite de Neublans. On sait, par les registres paroissiaux, qu’Emiland Billot était ouvrier meunier à Fretterans en 1746.

Mais le Doubs pouvait être aussi très maléfique. Il provoquait des accidents spectaculaires : ainsi, le 29 mai 1729, six femmes se noient en même temps, parmi lesquelles Marie Donzel, femme du recteur d’école Louis Darras. Le 30 septembre 1784, un homme et cinq femmes trouvent la mort dans le courant du Doubs. Toutes ces personnes traversaient peut-être la rivière en tirant du bétail derrière la barque pour l’emmener paître dans des îles, ou bien elles allaient travailler leurs terres sur l’autre rive : Courtépée signale qu’au XVIIIe siècle le village comptait trois maisons au-delà du Doubs, en face du Pasquier ; le terrain qui se trouve ainsi limitrophe de la commune d’Annoire a reçu le nom de Terres Grasses.

Mais, plus grave encore que ces noyades, il y avait le fait que le Doubs, indomptable, changeait son cours et grignotait le village. A la fin du XVIIIe siècle, Courtépée décrivait l’aspect critique de cette situation : « Cette rivière cause, par ses débordements fréquents et son cours incertain, appelé gironement en 1608, les plus grands dommages en enlevant les récoltes et le terrain même qui se convertit en gravier d’une lieue au loin. Fretterans est menacé d’une ruine totale par cette redoutable rivière dont le lit est trop plein, ce qui mériterait bien l’attention du gouvernement et des pères de la patrie. » Courtépée accorde cependant des compliments à notre rivière : « L’air est pur à Lays et à Fretterans, à cause de la rapidité du Doubs qui roule sur un sable très net. Les graviers qu’il forme ont la propriété singulière de faire croître très promptement les saules nains, et en quantité. »


Dans le 1er registre des délibérations du Conseil Général de Fretterans, les habitants présentent leurs doléances le 16 Ventose An IX (7 mars 1801) : « Déjà plusieurs maisons ont été démolies, une rue et les pourpris d’icelle emportés, trois autres sont sur le point d’être entraînées par le torrent, et le sol sur lequel elles sont construites sur le point d’être rongé, un éperon de terre de la contenue d’environ deux tiers de terrain faisant seul la sauvegarde du village, restant d’une contenue d’environ huit journaux, est sur le point d’être emporté. » Des travaux avaient déjà été commencés par l’entreprise Revirard, de Navilly, mais les habitants de Petit Noir étaient venus « détruire l’ouvrage, battre les ouvriers de Revirard, brûler ses bois de construction, s’emparer de ses ateliers, et emporter jusqu’aux habits des ouvriers et leurs outils. » Le Conseil supplie donc le citoyen Préfet de prendre des mesures.

Le 15 Prairial An XI, le Conseil, au vu du rapport du citoyen Niepce ingénieur du département, arrête qu’il sera fait une banne qui prendra naissance dans un illion appelé Champ Chaudière [……..] jusqu’au milieu à peu près du Doubs. » S’ensuit une description minutieuse de ses dimensions, de la taille des pieux et du mode de construction de cet épi.

Depuis cette époque, de nombreuses digues furent construites ; ce qui n’empêcha pas la terrible crue de janvier 1910 d’endommager des maisons au fond de la rue de Noailles.

Eliane Jacquelin

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Sources :

Histoire de la Bresse Louhannaise Lucien Guillemaut

Histoire de la Révolution dans le Louhannais (même auteur)

Armoiries et familles nobles (même auteur)

Description Générale et Particulière du Duché de Bourgogne, de Courtépée

La Bresse, les Bresses (ouvrage édité sous la direction de Pierre Ponsot)

Registres paroissiaux de Fretterans

Registre des délibérations du Conseil Général de Fretterans (1793 – 1810)

Documents concernant les familles de Vienne, de Rye, de Goux et de Rupt,
transmis par Me Danielle Lantz - Goux